Salon Graphique #3
Méthodes et Moyens
Marseille
16 Décembre 2015

Table Ronde

Réaliser

Mots Clés

Confiance;
Négociation;
Adaptation;
Cahier des charges;
Protocole.

La question initiale concerne les outils du design graphique, qui ne cessent d’évoluer et de se diversifier. Comment effectuer les bons choix parmi toutes les propositions ? Comment maîtriser les techniques tout en prenant en compte les progrès technologiques complexes et les nouvelles méthodes de production ?

Les échanges vont porter sur les stratégies mises en place par le designer graphique pour expérimenter de nouvelles « routines » de réalisation.

De fait, la diffusion et la rationalisation des logiciels, le foisonnement et la circulation des images offrent de moins en moins l’occasion de chercher. Les designers décrivent de nouvelles voies pour expérimenter et affirmer des mises en œuvre singulières. Revaloriser des techniques (la tampographie), des matériaux (le papier), des objets éditoriaux (par des façonnages singuliers, par exemple).

Développer des outils de dessin et d’impression en mobilisant les nouveaux espaces collaboratifs que sont les FabLab. Penser des mises en œuvre qui permettent le partage des formes avec les publics. C’est ce type de démarche qu’ont adopté Aurélien Débat et Patrick Lindsay pour l’identité de Châteauvallon, grâce à un vaste système de signes réalisés en tampons et partagés avec les équipes du centre culturel comme avec le public. Ils parlent de boîte à outils d’auteur en opposition à la charte graphique normalisée et contraignante en usage pour la déclinaison de logotypes. Autre voie d’exploration : la revalorisation du papier dans un contexte où l’écran est omniprésent. La réalisation apparaît ici comme un territoire créatif pleinement revendiqué par le designer, lui permettant de se distinguer dans un contexte technique de formatage esthétique.

Il s’agit également de retrouver une place pour le corps, celui du graphiste comme de l’usager. Mathilde Arnaud évoque son travail du pop up, sorte de réinvention du flyer et de l’illustration. Dans un même esprit, le duo & d’Eau Fraîche envisage la recherche déployée dans la conception des programmes de théâtre pour la (prime) jeunesse, véritables livres d’images intégrant des effets originaux (découpes, filtres optiques, etc.) et les concessions consenties pour assurer leur fabrication onéreuse, comme une transformation du statut de ces objets de communication : la reconnaissance vient autant du public qui les collectionne que des pairs qui les priment dans des rencontres professionnelles. La collaboration avec les FabLab pour produire en fabrication assistée par ordinateur des outils graphiques s’avère également intéressante : les graphistes inventent des voies médianes pour concilier copyright et contribution, comme Nicolas Aubert offrant ses caractères pendant un temps limité pour convertir sous forme de redistribution au public le soutien apporté par le Laboratoire de Fabrication Ouvert (Fablab de la friche la belle de mai) dans la gravure numérique de sa police.

On oublie le temps que demande l’intégration des outils numériques.

Nicolas Aubert, Designer Graphique

DIY :
des objets papier qui proposent une expérience différente

Mathilde Arnaud, Designer Graphique