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Biographie

Vivien Philizot est docteur en Arts visuels et designer graphique. Il enseigne à l’Université de Strasbourg en Master design et à la Haute école d’art et de design de Genève au sein du master Espaces et communication. Ses domaines d’enseignement et de recherche concernent la pratique et théorie du design graphique, les identités visuelles, l’épistémologie du design graphique, les notions d’usage et de pratique dans le champ du design, la didactique visuelle et la représentation de la complexité, la typographie et le graphisme vernaculaires.
Ancien membre de l’atelier Poste 4, dont les projets s’inscrivent dans les champs de l’identité visuelle, de l’édition et de la création typographique, il a travaillé pour de nombreuses institutions publiques ou privées, en France et à l’étranger. Il a enseigné pendant 8 ans au sein du département de Didactique visuelle de la Hear avant d’intégrer l’Université de Strasbourg comme maître de conférences associé.
Il est membre du comité scientifique du Signe, centre national du graphisme et du Laboratoire Design et systèmes complexes, qui développe une recherche autour des systèmes de représentation et des langages visuels complexes. Il a publié dans de nombreuses revues de design graphique et de sciences humaines – Azimuts, Après / Avant, Figures de l’art, Textimage, Signes Discours et Sociétés, Livraison, etc. – dans un souci d’ouverture transdisciplinaire.
Il a soutenu en novembre 2016 une thèse intitulée « La construction du champ visuel par le design graphique. Une épistémologie du regard. » Cette thèse se situe au croisement des champs du design graphique, des visual studies, et de l’épistémologie. Elle interroge la dimension politique du regard, au travers d’une histoire critique de la modernité en design graphique.

Recherches 

Le travail de recherche de Vivien Philizot est motivé par son activité de praticien, de designer graphique, et nourri par son intérêt pour les différents domaines auxquels la recherche en design graphique invite nécessairement à se confronter : sociologie, philosophie, linguistique. Le premier aspect épistémologique de son travail consiste à interroger les conditions de possibilité d’une recherche en design graphique, au regard des champs disciplinaires voisins qui interrogent quant à eux bien souvent les mêmes objets : sciences de l’information et de la communication, visual studies, histoire de l’art, anthropologie de l’écriture, par exemple.
Sa thèse est sous-titrée « une épistémologie du regard », car au delà de ce premier aspect, elle vise à replacer le phénomène de la vision dans la construction des catégories par lesquelles le sujet fait l’expérience de son environnement. Il s’agit d’étudier la manière dont le design graphique est impliqué dans une telle construction, en interrogeant la nature sociale du regard.
Une histoire critique du regard moderne, empruntant à ce qu’ont pu produire Bruno Latour ou Philippe Descola dans le champ de l’anthropologie, permet de faire apparaître ce que le phénomène de la représentation doit à la modernité. À l’image des sciences, le visible a lui aussi fait l’objet d’un « Grand partage », contribuant à construire et à structurer notre espace visuel, en imprégnant le regard moderne de ses préjugés et de ses inclinations. Les catégories qui se présentent alors sous une forme visuelle semblent bien pouvoir, par la métaphore, recouvrir des distinctions épistémologiques plus fondamentales, permettant d’une certaine manière de considérer que les principes de vision (les manières de voir) sont aussi des principes de division (des manières de comprendre et de connaître).
Invitant tour à tour à prendre ces deux points de vue complémentaires, ce travail de recherche a conduit Vivien Philizot, en empruntant au constructivisme de Nelson Goodman, ou à l’« iconologie critique » de W.J.T. Mitchell, à réfléchir à la définition même du design graphique contemporain, cette discipline particulière qui conjugue représentation politique et représentation visuelle en transformant des rapports de force en rapports de sens.

Bibliographie essentielle

« Camera obscura. Le design graphique, entre construction sociale du champ visuel et construction visuelle du champ social », in Gwenaëlle Bertrand et Maxime Favard (dir.), Poïétiques du design - Conception et politique, L’Harmattan, Esthétiques série Ars, Paris, 2015.
« Kitsch, bad taste, Scheiße. Une esthétique de la dissonance », in Azimuts, École supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne, 42/2015.
« Design graphique et métamorphoses du spectacle. Quelques notes de bas de page à Dix notes de bas de page à un manifeste », in Graphisme en France 2014, Centre national des Arts plastiques, 2014.
« Le plastique et le cristal. L’identité visuelle du Stedelijk Museum Amsterdam » in Après/Avant, Revue annuelle de culture graphique, Rencontres de Lure, 1/2013.
« Formes du design et construction subjective du monde social », in Figures de l’Art – Design et philosophie, Presses universitaires de Pau, 24/2012.