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Focus sur... Le Printemps de la typographie

Affiche de la 5e édition du Printemps de la typographie.

Philippe Buschinger, Franck Jalleau et Raphaël Lefeuvre, enseignants à l’École Estienne, sont les organisateurs, avec leurs étudiants, du Printemps de la typographie. Ils nous présentent cet événement et le programme qu’ils ont conçu.

Vous avez imaginé cette 5e édition du Printemps de la typographie sur le thème du ou des détours. Pouvez-vous nous expliquer quels détours nous seront proposés les 13 et 14 mars prochains ?

Nous souhaitons nous faire l’écho de pratiques contemporaines liées au dessin de caractère, mais également aux liens qui se tissent de plus en plus fréquemment avec des penseurs, des scientifiques, des poètes : des personnes dont le champ de questionnement semble a priori très éloigné de nos préoccupations et de ce fait les observent sous un jour nouveau. La typographie n’est plus réservée aux seuls graphistes ou typographes. D’autres spécialistes se l’approprient, des échanges et des collaborations s’opèrent, les regards portés par des professionnels issus d’horizons très divers nourrissent les réflexions de ce domaine. C’est ce type d’expérience que nous voulons mettre en avant et partager avec le public et les étudiants.

Le Printemps de la typographie est produit par l’école Estienne. Comment associez-vous les étudiants dans le processus dorganisation ?

Cette question est très importante pour nous. L’intérêt de ce projet réside notamment dans le travail pédagogique que nous menons avec les étudiants pour organiser l’événement pour cette nouvelle édition. Ils participent à la mise en œuvre et sont également impliqués dans la présentation des interventions et la modération des tables rondes. Certains de nos anciens élèves sont également conviés pour présenter leurs expériences professionnelles récentes ou leurs recherches. Julia Joffre, par exemple, interviendra le jeudi 13 à 16h sur la typographie et la paléographie, un sujet de diplôme qui illustre bien le thème de cette année. C’est également l’occasion de présenter les projets que nous menons avec les étudiants du DSAA Design typographique. Franck Jalleau a mené un atelier de stabilisation du signe manuscrit avec des étudiants de l’école Estienne et des étudiants de l’École supérieure d’art et des médias de Caen prenant appui sur des documents d’archive manuscrits de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC). Ce type de collaboration avec des établissements culturels ainsi que les échanges entre écoles nous paraît très constructif, il produit des résultats très intéressants, nous en parlerons d’ailleurs plus en détail avec les étudiants qui ont travaillé sur le projet, le 14 à 15h30.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les autres interventions ?

Ce seront des regards, des expériences pratiques et des réflexions qui touchent de près la typographie mais qui suscitent des détours vers d’autres univers, citons Laurent Ungerer pour son travail pour l’Institut du monde arabe et le Louvre Abu-Dhabi, Anne Zali pour ses recherches sur des poètes, Marc Smith pour la paléographie, Johannes Bergerhausen pour son travail sur Unicode et le cunéiforme, Thomas Huot-Marchand pour les collaborations développées par l’Atelier national de recherche typographique, Olivier Deloignon qui reviendra sur la forme symbolique de la typographie et Fanette Mellier qui s’est plongée dans le patrimoine typographique de l’Imprimerie nationale. Cet ensemble reflète une grande diversité de pratiques et de pensées que nous sommes ravis de pouvoir partager avec un large public.

 

Entretien réalisé par Véronique Marrier, chargée de mission pour le design graphique au Centre national des arts plastiques et co-commissaire de « Graphisme en France 2014 ».