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Biographie
Agrégé en arts appliqués et ancien élève du département design de l’ENS Cachan, Anthony Masure est maître de conférences en design à l’université Toulouse – Jean Jaurès, laboratoire LLA-CRÉATIS. Soutenue en 2014, sa thèse en esthétique portant sur le design des programmes a été dirigée par Pierre-Damien Huyghe à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Impliqué dans diverses activités de recherche, de design et d’entrepreneuriat, il est membre du comité d’organisation des Rencontres internationales de Lure, du comité scientifique du Centre National du Graphisme (Le Signe, Chaumont) ainsi que des groupes de recherche « Cinéma-Design » et « Art+Design+Humanités numériques » (association Humanistica). Il a cofondé les revues scientifiques Réel-Virtuel (2009) et Back Office (2015). Son essai Design et humanités numériques est à paraître en 2017 aux éditions B42. Site Web : http://www.anthonymasure.com

 

Recherches
Mes travaux de recherche se situent à la croisée du design, du numérique et de la production de connaissances :

Design et études logicielles (software studies)

Ma thèse de doctorat (2014) s’intéresse à la notion de « programme », en étudiant ce qui, sous ce terme, peut échapper au prévisible. Alors que toutes les activités humaines sont progressivement affectées par des programmes parfois menaçants et étouffants, sous quelles conditions le design peut-il faire que les objets techniques deviennent des « appareils » ouverts sur des perspectives émancipatrices d’inventivité individuelle et collective ? La méthode d'écriture de cette thèse confronte, au sein d’une lecture non linéaire, cinq moments de l’histoire du numérique (depuis Vannevar Bush en 1945 jusqu’aux usages contemporains du site web GitHub) à quatre formulations conceptuelles issues d’un corpus philosophique (Jacques Derrida, Hannah Arendt, Walter Benjamin, etc.).

Formes et ouvertures de la recherche en design

Placée sous licence libre CC BY-NC-SA afin d’encourager le partage des connaissances, mon travail de recherche doctoral a fait l’objet d’un travail de design dans sa forme même : dans la maquette de la version imprimée, mais surtout dans la réalisation d’un site Web dédié (http://www.softPhD.com), adaptable à différentes résolutions d’écran, et permettant de lire la thèse en ligne dans son intégralité. J’ai prolongé cet intérêt pour les modes de publication et de valorisation de la recherche en cofondant deux revues scientifiques (Réel-Virtuel et Back Office), dont les interfaces de lecture sont en soi un travail de recherche.

Design et humanités numériques

Parallèlement à mes enseignements en design graphique, j’ai été impliqué, en tant que designer d’interfaces, sur un projet d’humanités numériques (http://www.collecta.fr) visant à produire une archive en ligne de la collection de l’antiquaire François-Roger de Gaignières (1642-1715). Ce travail a été mis en perspective dans la rédaction d’un essai, à paraître en 2017, intitulé Design et humanités numériques, qui examine les rapports entre design, recherche, et R&D. Afin de poursuivre l’examen des liens entre design, documentation et production des connaissances, j’ai rejoint un groupe de travail, fédéré par la chercheure Anne-Lyse Renon, qui a pour but de produire une rétrospective des travaux du cartographe Jacques Bertin et du « Laboratoire de graphique » qu’il a dirigé à l’EHESS (Paris) de 1954 à 2000.

Archéologie du design graphique avec le numérique

Un dernier axe de travail consiste à étudier des pratiques de design graphique concomitantes à l’émergence de l’informatique personnelle au début des années 1980, et de les mettre en relation avec des démarches de création contemporaines. Alors que le numérique n’a affaire qu’à des contenus calculés, comment le design graphique peut-il contribuer à rendre intelligibles des opérations techniques intangibles ? Cette recherche prend la forme d’enquête dans des sites d’archive situés à l’étranger, couplées à des entretiens avec des acteurs aux démarches plurielles.

Bibliographie essentielle
· Design et humanités numériques, ouvrage à paraître en 2017 aux éditions B42, Paris, collection « 404 » dirigée par Nicolas Thély (université Rennes 2).

· « La saisie comme interface », dans : Sophie Fétro, Anne Ritz-Guilbert (dir.), actes du colloque scientifique « Collecta. Des pratiques antiquaires aux humanités numériques », École du Louvre, décembre 2016, [En ligne], http://www.anthonymasure.com/articles/2016-12-saisie-comme-interface

· Anthony Masure, « Subjectivités computationnelles et consciences appareillées », Multitudes, no 62, avril 2016, p. 87-96, [En ligne], http://www.anthonymasure.com/articles/2016-11-subjectivites-computationnelles

· « Le design de la recherche : normes et déplacements du doctorat en design », article co-écrit avec Emeline Brulé, Paris, PUF, Sciences du Design, no 1, mai 2015, p. 58-67, [En ligne], http://www.anthonymasure.com/articles/2015-05-design-recherche-doctorat

· « Graphisme et numérique : entre certitudes et incertitudes », Paris, CNAP, Graphisme en France, no 20, p. 65-76, [En ligne], http://www.anthonymasure.com/articles/2014-04-graphisme-en-france

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Biography
Anthony Masure is a teaching fellow in applied arts and a design graduate of the the École Normale Supérieure Cachan. He is an Associate Professor of Design in the LLA-CRÉATIS (Literature, Language and Arts) research unit at Toulouse–Jean Jaurès University. In 2014, he presented his thesis on the design of programs at the University of Paris 1 Panthéon-Sorbonne, supervised by Pierre-Damien Huyghe. He is involved with various research, design and entrepreneurial activities, and is a member of the management committee for the Rencontres Internationales de Lure, of the scientific committee of the Centre National du Graphisme (Le Signe, Chaumont) and of the research groups “Cinéma-Design” and “Art+Design+Humanités numériques” (association Humanistica). He also co-founded two scientific reviews: Réel-Virtuel (2009) and Back Office (2015). His essay Design et humanités numériques (design and the digital humanities) is due to be published by Éditions B42 later this year. Website: http://www.anthonymasure.com

 

Research  
My research explores the crossover between design, digital technology and the production of knowledge.

Design and software studies
My doctoral thesis examined the notion of a “program”, and in particular, the unpredictable aspect of this term. While human activity is increasingly affected by programs that are sometimes threatening and oppressive, design can enable technical objects, under certain conditions, to become immensely liberating vectors of inventivity at both the individual and collective level. Working in a non linear fashion, I compared five periods of digital technology history (from Vannevar Bush in 1945 to today’s use of the GitHub website) with four conceptual formulations by philosophers (Jacques Derrida, Hannah Arendt, Walter Benjamin, etc.).

Forms and openings in design research
I chose to use a freely distributed copyright license for my thesis (Creative Commons license CC BY-NC-SA) to encourage knowledge. The very form of the thesis was the subject of a design study that examined the model of the printed version and more importantly, the creation of a dedicated website (http://www.softPhD.com), that can be adjusted to different screen resolutions that enable the entire thesis to be read online. I pursued this interest in ways of publishing and promoting research by co-founding two scientific reviews (Réel-Virtuel and Back Office), the reading interfaces of which, themselves, required much research.

Design and the digital humanities
In parallel with my teaching work in the field of graphic design, I was involved, as a designer of interfaces, with a digital humanities project (http://www.collecta.fr) intended to produce an online archive for the collection of the antiquarian François-Roger de Gaignières (1642-1715). This project is set out in a forthcoming essay entitled Design et humanités numériques (Design and the digital humanities), which examines the relationship between design, research and R&D. In order to pursue the study of the relationship between design, documentation and the production of knowledge, I joined a work group led by the researcher Anne-Lyse Renon, that aims to produce a retrospective of the work of the cartographer Jacques Bertin and the “Laboratoire de graphique” he directed at the École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) in Paris from 1954 to 2000.  

The archaeology of graphic design and digital technology
The last aspect of my thesis consisted of studying graphic design practices concomitant with the emergence of personal computing in the early 1980s, and comparing them with those of today’s designers. Digital technology only concerns content that has been calculated, so how can graphic design contribute to making intangible technical operations intelligible? This research investigates foreign archive websites, and interviews professionals with varied backgrounds.